Le progrès humain passe par l’altruisme

Voici un magnifique texte de Michel Serres à propos du progrès humain et de l’altruisme.

Retranscription :

Et, que, contrairement à ce qu’on pense, le plus fort, celui qui gagne, le gagneur comme on dit, le battant, est peut-être dans l’humanité celui qui nous amène à la régression ! Curieusement, la force brute et la force physique n’est pas complètement primée dans notre société. Curieusement, les vieillards parfois, arrivent à des idées de génie. Curieusement, Homère était aveugle, Beethoven était sourd et paralytique était Toulouse-Lautrec.

Qu’aurions-nous fait si, le darwinisme social doublé de l’eugénisme avait éliminé justement Toulouse-Lautrec lorsqu’il était enfant ou Homère parce qu’il était aveugle.
Et par conséquent le progrès de nos cultures, le progrès des civilisations parait passer par la protection des faibles, la vénération des pauvres, et peut-être avance quelques fois, à partir des plus misérables. Et par conséquent, le darwinisme social, en ce qu’on interprète le darwinisme comme la lutte du plus fort et la survivance du plus puissant est une doctrine plus que fausse, criminelle ! La vraie doctrine, c’est la doctrine de la faiblesse. Le progrès humain passe par la protection des faibles. Le progrès humain passe par la misère et non pas par la richesse, par la faiblesse et non pas par la force, par la fragilité et non pas la puissance.

 

Pour compléter, je vous invite à découvrir la définition de l’altruisme que donne Christophe André dans son livre « Et n’oublie pas d’être heureux » :

L’altruisme, c’est avoir le souci du bonheur d’autrui, s’intéresser et se dévouer à son prochain sans attente de reconnaissance ni de contrepartie. 

Certaines esprits chagrins prétendent que l’altruisme n’est qu’un égoïsme déguisé : j’aide autrui car j’en attends en retour bien-être et plaisir, voire récompense et reconnaissance, de la part de la personne aidée (qui me rendra un jour la pareille, du moins je l’espère) ou de la société (qui m’accordera de l’admiration). Cela existe sans doute. Mais pas si souvent ; et on confond peut-être les motivations et les conséquences : que l’altruisme provoque de l’admiration et de la reconnaissance, c’est l’évidence. Qu’il n’existe que pour cela me semble l’exception plus que la règle. Les travaux de psychologie positive et évolutionniste vont aujourd’hui en ce sens. Ce qu’il y a de bien aussi avec ces travaux, c’est qu’ils montrent que la pratique de gestes altruistes augmente tout doucement le bonheur de ceux qui l’émettent.

 

Enfin, voici le plaidoyer pour l’altruisme de Matthieu Ricard.

 

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